À Lille comme ailleurs, la médecine générale doit devenir une spécialité !

Lille, le mardi 20 août 2013,

La médecine générale est un enjeu majeur de santé publique. Il s'agit de la médecine de premier recours, de la médecine de proximité, en zone urbaine comme en zone rurale, d’une médecine peu coûteuse et efficace.

Pourtant, il semble que cet état de fait n'ait pas été assimilé par tous. En effet, cette discipline est régulièrement dénigrée par la faculté de médecine de Lille. Les actes parlent d’eux-mêmes : refus de nomination d’enseignants-chercheurs de médecine générale et de chef de clinique universitaire, refus de promotion de l’exercice en zone sous-dotée et une formation dégradée des maîtres de stage de second cycle.

Non, la médecine générale n'est pas la somme des savoirs des autres spécialités. Elle est bel et bien une spécialité à part entière avec ses compétences et ses modes d'exercices particuliers. Elle nécessite donc un enseignement et des travaux de recherche spécifiques !

Ces difficultés ne peuvent que démotiver nos enseignants, déjà bien peu nombreux en regard du nombre d'internes. D'autant que leur nombre stagne depuis 4 ans en l'absence de proposition, par la faculté, de nomination de MCU-PA1 ou PU-PA2. Les candidatures soutenues par le Département de Médecine Générale ont déjà été refusées plusieurs fois par la faculté. Et ce n'est pas l'octroi d'une « année-recherche » cette année qui masquera le départ des quatre seuls chefs de cliniques ambulatoires nommés depuis 2004, dont un seul a été remplacé à ce jour grâce au financement et à la volonté seule du Conseil Régional.

Par ailleurs, des mesures incitatives sont mises en place afin de renforcer l'attractivité de zones jusqu'alors délaissées par les jeunes médecins. Bien que celles-ci commencent à porter leurs fruits dans certains départements, aucune aide n’a encore été attribuée par la faculté de médecine de Lille aux internes ayant fait un SASPAS en 2012 en zone déficitaire alors que ces subventions sont à l’initiative du Conseil Régional qui a bien compris la valeur de ces mesures dans l'amélioration de la répartition des médecins sur son territoire.

L'AIMGL déplore la dégradation des conditions de formation des internes de médecine générale qui en découle ainsi que la négation des besoins démographiques du territoire du Nord-Pas-de-Calais. Dans ces conditions, elle ne peut plus décemment recommander aux étudiants ayant passé les ECN3 de venir faire leur internat à Lille.

Pour une formation de qualité, les internes ont besoin d’un Département de Médecine Générale à la mesure de leur nombre avec un accroissement du nombre d’enseignants de cette spécialité et le développement d’une Filière Universitaire de Médecine Générale.

 

Perrine HEROGUEL,
Présidente de l'AIMGL.

 

Contact Presse :
AIMGL – Association des Internes en Médecine Générale de Lille

Perrine HEROGUEL – president.aimgl@gmail.com06 59 18 27 02

 


1 Maître de Conférence des Universités – Praticien Ambulatoire
2 Professeur des Universités – Praticien Ambulatoire
3 Épreuves Classantes Nationales

Le fichier du communiqué de presse : 130820_AIMGL_CdP_LilleMedecineGenerale

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